« The Lone ranger : Snake of iron 2 » de Chuck Dixon et Esteve Polls

Publié le par megaglob

prv13394_pg1.jpgLe second épisode de la série limitée « The Lone ranger : Snake of iron » vient de paraître chez Dynamite. Un titre qui se distingue tout autant par la qualité de son scenario que de son graphisme.

 

Chuck Dixon y poursuit en parallèle les deux récits qu’il avait amorcés dans le premier chapitre, et qui ont respectivement pour protagonistes le Ranger masqué et son compagnon, Tonto. D’un côté, le Ranger attaque par surprise les contrebandiers qui viennent de s’emparer de la journaliste du Chicago Examiner, Lily Travers. Au petit matin, un détachement de l’armée, attiré par l’incendie que le Ranger a allumé, vient à leur rencontre, et les hors-la-loi sont emmenés au fort, afin d’être interrogés. De son côté, Tonto tente, avec les autres passagers, de défendre le train dans lequel il se trouve, et qui a été victime d’une attaque menée par des indiens. Ce faisant, il découvre que l’homme qui voyage avec un jeune peau-rouge, afin de l’emmener sur la côte est et de lui donner une « bonne » éducation, avait enlevé à l’origine le fils du chef qui mène l’assaut contre le train. Mais l’enfant est mort, et l’homme l’a remplacé par un autre garçonnet…

 

prv13394_pg3.jpgCette double intrigue, dont on devine qu’elle finira par fusionner, bénéficie de vrais dialogues, dans lesquels l’auteur prend le temps de poser les personnages et, par quelques réparties bien trouvées, de leur donner une présence et une épaisseur que l’on est loin de trouver dans tous les comics. Qui plus est, Dixon est très bien documenté sur la période, et il insère dans sa narration des détails qui donnent un grand réalisme à son récit, comme par exemple ces soldats, obligés de dégager à la pelle la neige qui s’est accumulée au pied des fortifications du fort, ce qui pourrait aider les indiens à les franchir.

 

Ce scénario qui prend le temps de développer chaque scène, et qui repose donc sur un tempo relativement lent, par comparaison avec ce qui se fait dans le domaine par ailleurs, est illustré par Esteve Polls. Cet artiste procède à une mise en page plutôt traditionnelle, avec en général cinq à six vignettes par planche, mais selon une disposition constamment changeante et des cadrages variés, ce qui évite toute monotonie. Et seules deux splashes pages viennent ponctuer le récit, parfaitement à propos, à des moments cruciaux du récit.

 

prv13394_pg7.jpgMais c’est surtout le rendu réaliste de son style qui permet à Polls d’être à l’unisson du scénario de Dixon. Son trait, toujours respectueux des proportions et soucieux du détail, confère aux personnages un naturel et une présence qui viennent renforcer le rendu des dialogues et le réalisme des situations. Une impression qui est renforcée par le fait que toutes les cases sont agrémentées de décors soignés, à l’exception de trois petites vignettes portant de très gros plans, sur l’ensemble de l’épisode. Ces choix stylistiques accentuent plus encore la dimension historique ou documentaire du récit – sans que pour autant il ne perde une seule fois la visée narrative qui est sienne.

 

On l’aura compris : « The Lone ranger : Snake of iron » est l’une des belles surprises du moment, et on ne saurait trop le conseiller à ceux et celles qui ont envie de s’évader ponctuellement des univers super-héroïques. Il ne faut pas oublier que le western est, lui aussi, un « genre » typiquement américain, non seulement au cinéma, mais aussi dans l’univers des comics. Et cette série limitée est là pour nous le rappeler, avec brio.

 

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Publié dans Revues & Albums

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