Storm Dogs : la série SF du moment !

Publié le par Jean-Michel Gouvard

prv14111 covSi vous ne deviez lire qu’un seul titre indé en cette période de l’année, c’est assurément vers « Storm Dogs », paru chez Image Comics, que votre choix devrait se porter. Cette série limitée écrite par David Hime se déroule sur Amaranth, une planète inhospitalière où les Terriens ont implanté une colonie, afin d’y exploiter un précieux minerai. Et ce, sous l’œil apparemment passif et indolent des indigènes, deux espèces intelligentes qui vivent en symbiose l’une avec l’autre, les Elohis et les Joppas. Mais voici que plusieurs colons trouvent la mort dans des conditions suspectes, si bien que des spécialistes sont dépêchés sur place afin de mener leur enquête…

 

L’un des intérêts de cette histoire est tout d’abord qu’elle se place à la confluence de plusieurs genres. La science-fiction est bien entendu présente, mais avec deux tendances. Une première veine emprunte à la SF dite « anthropologique », avec la description de deux peuplades indigènes singulières, ainsi que de la faune et de la flore d’un monde inconnu. Et, si les Elohis semblent directement inspirés par le film « Avatar », David Hime a su leur donner une identité très différente des indigènes imaginés par James Cameroun. A cette première orientation vient s’ajouter une dimension qui relève plus du film d’horreur, puisque (attention, petit spoiler !) les colons sont en fait attaqués par des animaux qui semblent pris de folie lorsqu’éclate une tempête de pluie acide, « la » spécialité météo d’Amaranth. Et il ne fait pas bon, pour un être humain, de se retrouver sous un tel déluge…

 

prv14455 pg1Cette coloration purement SF est nuancée par des éléments typiques du western, un genre méconnu et, il faut bien le dire, assez peu apprécié en France de nos jours, mais qui a toujours sa place dans la culture populaire américaine. La base dans laquelle vivent les colons est ainsi régie par un shérif quelque peu blasé et nonchalant, qui semble en savoir bien plus qu’il ne veut le dire, et elle apparaît comme un de ces villages frontières si fréquents dans les westerns, entre la « civilisation » et le monde sauvage, avec ses tripots et ses traine-savates qui, allongés à l’ombre d’un mur, sirotent une bouteille de mauvais alcool.

 

Enfin, les crimes, et les conditions atroces dans lesquelles les colons ont trouvé la mort, place ce récit sous une troisième et dernière influence, celle du genre policier, tendance thriller. Le deuxième opus de la série, paru le mois dernier, joue particulièrement sur les conventions du genre, avec à la fois une scène classique où l’un des enquêteurs est berné par une belle inconnue qui s’offre à lui – pour mieux lui extirper un secret, et entraver l’enquête en cours –, et une de ces scènes où l’on passe en revue les mutilations des corps des victimes, passages désormais obligés dans les films et les séries plus orientés vers le thriller.

splash page storm dogs 

De cette confluence des genres émerge un récit typé, original, riche des perspectives qu’il dessine. D’autant plus que, comme il se doit, les choses se révèlent peu à peu ne pas être ce qu’elles semblaient. Les Elohis et/ou les Joppas ne sont apparemment pas aussi naïfs et primitifs qu’ils le paraissent ou, du moins, que l’on supposait qu’ils fussent, en projetant sur eux nos propres préjugés, inspirés par le politiquement correct. Les hommes qui font respecter l’ordre sur Amaranth, le shérif comme le député, s’accommodent en fait de bien des entorses à ce que devrait être l’ordre idéal, tel que le définit la charte imposée aux colons. Et ils ne semblent guère réjouis de voir débarquer des enquêteurs. Quant à ceux-ci, ils vont aller de surprise en surprise, tout en étant incapable de répondre à une question pourtant évidente – et que leur pose le shérif : pourquoi des spécialistes de si haut vol ont-ils été dépêchés sur Amaranth, au fin fond de l’univers, pour enquêter sur la mort de colons qui sont tous d’anciens condamnés de justice, et dont personne ne se soucie ?

 

On l’aura compris, « Storm Dogs », par ailleurs superbement mis en images par Doug Braithwaite, est un de ces récits troublants, à l’atmosphère prenante, où l’on devine vite que tout ce que l’on découvre cache une toute autre réalité que celle qui se donne à voir. Et, si ces quelques lignes vous ont donné envie de suivre la série, il n’est pas trop tard pour bien faire, puisque seuls les deux premiers fascicules sont parus, et qu’il en reste encore quatre à venir. Avec, en prime, dans chaque numéro, quelques pages consacrées d’une part à l’un des personnages phares du récit, avec un texte de Hime, ainsi que l’exposé des différents étapes suivies dans la réalisation de quelques planches, ce qui permet de mieux comprendre le travail de Braithwaite.

 

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Publié dans Revues & Albums

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ryoga 13/01/2013 13:47

Ok merci, dommage.

ryoga 11/01/2013 12:25

Même si je ne suis pas fan spécialement de SF, ça m'a l'air pas mal. Petites questions, est-ce en vente dans les librairies classic comme les Marvel et les DC? Et comment trouver l'ancien volume?
Cette dernière question s'applique, d'ailleurs aussi, aux séries Marvel. ;)
Merci.

Jean-Michel Gouvard 13/01/2013 11:26



Bonjour,


Non, c'est de la VO, donc seulement en vente dans les librairies spécialisées sur ce créneau. Exemples : à Paris, L'Album boulevard Saint-Germain ou Libraire DeKoninck rue de la Crois Nivert. A
Nantes, A plein rêves. A Bordeaux, librairie rue du Lou. Etc.