Review : « X-O Manowar#4 » de Robert Venditti et Cary Nord

Publié le par megaglob

xo-manowar-4.jpgDès la parution de son premier numéro, en mai dernier, « X-O Manowar » a été encensé par la critique, et considéré comme l’un des titres les plus enthousiasmants du moment. Les éditions Valiant, qui signaient ainsi leur grand retour après plusieurs tentatives avortées, ne pouvaient que s’en réjouir, mais le défi n’était pas mince pour Robert Venditti et Cary Nord. Car un premier numéro ne fait pas une série, et, après tant d’éloges, il leur fallait prouver qu’ils tiendraient la distance.

 

C’est chose faite, avec ce quatrième épisode. Lors du chapitre précédent, la première partie de l’histoire d’Aric le Dace s’était en effet achevée : on a vu comment ce guerrier wisigoth du tout début du 5e siècle de notre ère avait été enlevé par des extra-terrestres, avec de nombreux compagnons d’armes, et comment il avait été asservi pendant des années, avant de s’emparer de l’armure sacrée de Shanhara. Laquelle l’a non seulement dotée d’immenses pouvoirs, mais lui a aussi permis de regagner la Terre… seize siècles plus tard, compte tenu de la relativité du temps !

 

xo-manowar-page-3.jpgRobert Venditti avait emmené de main de maître ce récit, mais, une fois Aric revenu sur Terre, à notre époque, il lui fallait relancer son scénario. Ce qu’il fait sans peine, avec ce quatrième épisode. La confrontation entre Aric et l’armée italienne qui l’accueille dès qu’il apparaît, en plein de cœur de Rome, ne donne pas lieu à un pugilat facile et complaisant, mais à une scène qui, sur le fond, est empreinte d’humanité et de vraisemblance. Les pilotes des avions de chasse qui attaquent le Wisigoth semblent désemparés face à une réalité qui les dépassent, et Aric l’est tout autant, lorsqu’il comprend la situation dans laquelle il se trouve.

 

Mais la véritable surprise, sur le plan de la dynamique narrative, vient des « Vignes » (les « Vine » en anglais, un terme qui désigne aussi toute « plante » rampante, de type liane), la peuplade extra-terrestre à laquelle Aric vient d’échapper. Ceux-ci décident de récupérer l’armure et, s’ils n’y parviennent pas, de la détruire, dans la mesure où le porteur est une menace pour leur civilisation. Ce qui amène deux coups de théâtre successifs : les « Vignes » décident de retourner sur Terre et, surtout, le lecteur découvre que notre planète est envahie par des ressortissants de ce peuple cruel, qui ont une apparence humaine, et qui occupent des postes clés dans les plus hautes institutions, à travers le monde entier. Ce qu’une scène fugitive du premier chapitre, où l’on assistait à une substitution de bébés, avait préparé, mais qui prend soudain toute sa portée. Et, bien entendu, ce réseau va tout faire pour arrêter Aric et reprendre possession de l’armure de Shanhara – entre autres en faisant appel à un autre personnage mythique de l’univers Valiant.

 

xo-manowar-page-5.jpgA la lecture de cet opus, il ne fait aucun doute que non seulement Robert Venditti a su trouver un second souffle, mais qu’il sait parfaitement où il va, et qu’il a une réelle vision de l’histoire qu’il nous raconte. De son côté, Cary Nord, dont les fans de Conan n’ont pas oublié la signature, poursuit un travail impeccable, avec un dessin qui, par son économie même, vise constamment à l’efficacité, alliant l’expressivité du trait – un tracé fin et précis, sans fioriture – à la dynamique du story telling, le récit bondissant d’une case à l’autre lorsque cela est nécessaire, ou, au contraire, s’attardant dans des successions de champs / contre-champs toujours changeants, lorsque le dialogue l’emporte sur l’action.

 

Du grand beau comic book, comme on aimerait en lire plus souvent. A consommer sans modération si on est un amateur de S.F.

 

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