Review : Peter Cannon Thunderbolt#5

Publié le par Jean-Michel Gouvard

peter-cannon-5.jpgLa série « Peter Cannon Thunderbolt », lancée à l’automne dernier par Dynamite, continue son petit bonhomme de chemin, et ce, pour notre plus grand plaisir. Ce titre, qui est malheureusement occulté par les publications main stream, reprend le personnage éponyme, créé en 1966 par Pete Morisi, et il se révèle être, au fil des épisodes, une excellente « série B », qui cumule les stéréotypes du genre de manière plutôt ludique et réjouissante. Qu’on en juge plutôt par un petit résumé de ce cinquième opus : Peter Cannon est interrogé par la police, suite à l’attentat dont il a été victime à l’aéroport, dans le chapitre précédent. Pendant ce temps, le spécialiste en cybernétique manipulé par quelques hauts fonctionnaires et gradés de l’Etat-Major américain achève de mettre au point son robot-dragon, et sort aux commandes de son improbable engin dans les rues de New-York. Malheureusement, le robot présente quelques dysfonctionnements, et il sème la panique et la dévastation autour de lui. Il va bien sûr croiser le chemin de Peter Cannon, qui rentre du poste de police et qui, comme de bien entendu, va l’affronter en combat singulier. Si notre Thunderbolt le met en déroute, la fin du chapitre déroute quant à elle le lecteur : Peter Cannon fait une chute de plusieurs étages et, alors qu’il allait percuter le sol, se retrouve soudain dans un lieu obscur où apparaît un homme auréolé de lumière, avec une belle barbe blanche qui dit s’appeler… Adam ! Un nom que portent aussi les super-soldats génétiquement modifiés que les hauts gradés va-t-en-guerre de l’armée ont créé dans le plus grand secret…

 

peter-cannon-5-bis.jpgOn l’aura compris, les deux scénaristes, Steve Darnall et Alex Ross, s’en donnent à cœur joie dans cette histoire qui a pour super-héros un millionnaire passé maître dans les arts martiaux, et qui manipule des énergies jusqu’à présent demeurées secrètes pour avoir étudié de vieux parchemins dans une lamasserie. S’y mêlent des généraux qui rêvent de restaurer la guerre froide, des dragons, des mécas, des commandos transformés génétiquement en supermen, un mystérieux individu qui poursuit le héros de sa haine, de jolies assistantes ou journalistes plus ou moins manipulées, et un serviteur hindou qui semble n’exister que dans l’imagination de Peter Cannon… Bien entendu, ces personnages n’ont rien de bien neuf en eux-mêmes, et sont des « standards » du comic book, mais ils sont combinés avec bonheur par les deux auteurs, à la fois avec naïveté et inventivité, ce qui donne à ce récit une fraîcheur pour le moins revigorante. Ce n’est pas un « grand » comics, mais c’est bien fait et divertissant.

 

peter-cannon-5-ter.jpgOn appréciera non seulement ce cinquième chapitre par les orientations inattendues que prend le récit, mais aussi pour son dessin. En effet, si Jonathan Lau avait pu donner le sentiment de chercher quelque peu ses marques au tout début de la série, on sent désormais qu’il maîtrise l’univers qu’il a à charge de mettre en images. Son Peter Cannon, quoiqu’assez différent de celui de Pete Morisi, a ainsi fini par acquérir une réelle identité graphique, alliant une détermination inébranlable à un questionnement constant sur le bien fondé de ses actes. Le méca-dragon qui sert de fil rouge à cet épisode est particulièrement réussi, l’artiste parvenant à lui conférer une allure impressionnante, propre à l’animal fantastique, tout en préservant son caractère mécanique – ou, plutôt, cybernétique.

 

Le trait, par ailleurs, est précis, Lau encrant lui-même ses planches, et le découpage varié et dynamique. Quelques splash pages viennent ponctuer les moments forts du récit, mais jamais être envahissantes et donner le sentiment de la gratuité. Et les scènes de dialogues, qui sont en général assez développées, plus que dans un comics standard de type DC ou Marvel, sont bien construites, avec une mise en page qui n’engendre jamais la monotonie.

 

Il ne reste plus qu’à espérer qu’un éditeur ait la bonne idée de traduire la série en France. Mais cela n’a rien de gagné… 

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Publié dans Revues & Albums

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