Deathmatch#1 par Paul Jenkins et Carlos Magno

Publié le par Jean-Michel Gouvard

deathmatch_01_preview_page_1.jpgBoom vient de lancer une nouvelle série, « Deathmatch », dont le premier fascicule est encore disponible dans votre comics shop préféré au prix imbattable de 1 dollar. Une astuce que des éditeurs comme Boom ou Dynamite utilise régulièrement pour promouvoir un nouveau titre, et qui a permis à celui-ci de rentrer dans le Top 100 de décembre, avec plus de 20.000 exemplaires écoulés, alors qu’il est en général trusté par les seuls Marvel et DC.

 

« Deathmatch » est une série dont l’argument paraîtra un peu mince à beaucoup de lecteurs, dans la mesure où, sur le papier, cela ne semble être qu’un retelling du manga « Battle Royale ». Un manga qui a semble-t-il le vent en poupe aux Etats-Unis, puisque Marvel s’en est également inspiré pour l’un de ses nouveaux titres, « Avengers Arena », où l’on voit un groupe de jeunes vengeurs s’entretuer sur une île, histoire de passer le temps. Pour sa part, Paul Jenkins a imaginé que des super-héros se retrouvaient prisonniers dans un vaste complexe, et qu’ils étaient contraints de se battre dans des duels à mort, selon le principe des tournois sportifs, jusqu’à ce que s’affrontent, dans un ultime combat, les deux derniers survivants.

 

Dit ainsi, rien de très séduisant : on imagine un récit répétitif et sanglant, relevant du genre horrifique, avec force violence et hémoglobine. Mais, ô surprise, il n’en est rien. Première originalité du scénario : tous les super-héros sont inventés pour l’occasion, et ils n’appartiennent pas à l’univers traditionnel de Boom ou d’autres éditeurs avec lesquels il aurait pu passer un accord de licence. Cela permet donc au scénariste tout comme au dessinateur, Carlos Magno, de faire preuve d’une imagination aussi libre que fertile, en créant ex-nihilo une cohorte de super-gentils et de super-méchants – et de super-on-ne-sait-pas-très-bien-de-quel-bord ils-sont – aux allures plus ou moins athlétiques, et plus ou moins patibulaires. Bien sûr, on retrouve les critères types des super-héros, avec ceux qui se transforment, ceux qui conservent une apparence de monstres, ceux qui manient l’énergie, dominent les esprits ou usent de la force brute, mais le panthéon que nous découvrons au fil des pages a quelque chose de nouveau et de rafraîchissant qui a tout pour séduire.

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Ensuite, la situation dans laquelle se trouvent les personnages est énigmatique : aucun d’eux ne se souvient comment il est arrivé là où ils sont, mais tous ont bel et bien le souvenir d’avoir été des super-héros dans un passé encore tout récent. Ils sont donc une histoire, qui semble s’être interrompue brutalement, sans qu’ils comprennent comment ni pourquoi. De plus, l’entité qui les domine et les force à se battre n’est pas autrement identifiée, les super-héros n’ayant affaire qu’à des gardes-chiourmes ayant l’apparence d’êtres lumineux, qui manient des énergies mystérieuses pour se faire obéir. Et s’ils paraissent dans un premier temps invulnérables, le cliff-hanger final va faire voler en éclats cette impression. Jenkins parvient ainsi à introduire peu à peu, au fil des pages, une atmosphère mystérieuse, et à instiller l’idée que les apparences sont probablement trompeuses. On imagine que, dans les épisodes suivants, la vérité se fera peu à peu jour, et que la situation se renversera peut-être au profit de nos super-héros, et au détriment de leurs geôliers.

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Si, du moins, ils parviennent à s’entendre les uns les autres. Car, et c’est un troisième élément qui vient enrichir ce récit, si les participants à ce jeu de massacre sont sortis tout droit de l’imagination de Jenkins et Magno, ils ont un passé et donc une histoire commune, ce qui fait qu’il existe entre eux des sympathies, et des rivalités. Jenkins excellant par ailleurs à croquer un personnage, et à lui conférer une identité propre en quelques répliques, nos super-héros, aussi nouveaux soient-ils, n’en acquiert donc pas moins, tous autant qu’ils sont, une véritable consistance, au fur et à mesure que nous les découvrons, ce qui ne fait que donner plus de crédit au récit.

 

On le voit, même s’il conviendra bien sûr de juger sur pièces, tous les éléments d’un bonne et vraie histoire sont réunis, et on peut donc espérer que ce « Deathmatch » soit tout autre chose que le triste « Avengers Arena » des éditions Marvel. Une histoire à suivre…

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Publié dans Revues & Albums

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