Dark Avengers#185 par Jeff Parker et Neil Edwards

Publié le par Jean-Michel Gouvard

dark-avengers-185.jpgCette nouvelle livraison des mésaventures des Thunderbolts/Dark Avengers version Jeff Parker est parue la semaine dernière, mais il était difficile de ne pas vous en parler. Souvenez-vous : alors que John Walker s’envole au-dessus du désert de Sharzad pour ramener les Dark Avengers au raft, Skaar, tombé sous l’emprise de la fausse Sorcière rouge, pulvérise le tableau de bord du jet, lequel pique du nez en direction de Luke Cage et de ses Thunderbolts. Moonstone s’élance vers l’appareil pour l’intercepter, en même temps que l’Homme-Chose, pris d’un soudain réflexe, ouvre une porte dimensionnelle et envoie tout ce petit monde… dans le ciel de Manhattan. Le problème, c’est que Moonstone et les super-vilains ne se retrouvent pas sur la Terre 616, mais dans un univers parallèle, où toutes têtes d’affiche du catalogue Marvel se partagent la ville de New-York, et règnent tous comme des caïds et autres chefs de gang sur leurs quartiers – qu’ils défendent jalousement contre toute intrusion. Si bien que, où qu’ils aillent, Moonstone, Skaar et les autres seront indésirables.

 

Certes, en soi, l’astuce n’est pas nouvelle : renverser les valeurs de l’univers Marvel pour créer des mondes parallèles ou des futurs possibles de la Terre 616 est l’un des stéréotypes narratifs qu’adoptent volontiers les scénaristes quand l’envie leur prend de renouveler quelque peu leur inspiration. Mais on pouvait faire confiance à Jeff Parker pour traiter ce thème d’une manière particulièrement réussie, avec ce mélange d’humour et d’imagination débridée qui le caractérise. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on n’est pas déçu. On y croise un Tony Stark inquiétant à souhait, qui a asservi Hank Pym à ses quatre volontés ; un Ben Grimm monstrueux, devenu le maître et le champion du royaume souterrain de l’Homme-Taupe, ce qui est logique pour un homme de pierre ; ou encore un Docteur Strange parfaitement délirant, en ceci que Parker a pris à la lettre la réputation de « hippie » dont il est régulièrement affublé, vu qu’il habite Greenwich Village et que sa maison est souvent toute enfumée…

 

dark-avengers-185-b.jpgLe pastiche culmine dans la scène reproduite ci-contre, où l’on voit Tigra, l’une de ses « mignonnes », s’élancer vers le lit où il s’ébat avec une autre partenaire en arrachant son soutien-gorge et en rugissant – à l’avance – de plaisir !

 

Hormis ses décalages réjouissants, qui raviront tous les amateurs de l’univers marvélien pour leur originalité et leur humour décapant, Parker n’en soigne pas moins l’intrigue qui, dans cet opus 185, tourne essentiellement autour de deux fils narratifs. D’une part, Moonstone et Skaar, qui se sont retrouvés dans cet univers aussi cocasse qu’impitoyable, sont capturés par Strange, lequel va asservir les deux Thunderbolts et les envoyer combattre les autres « gangs » de super-héros. D’autre part, la Sorcière rouge made in Dark Avengers échappe aux sédatifs que lui a injectés Tony Stark, prend le contrôle d’un Hank Pym dépourvu de toute volonté propre, et se demande comment tirer profit de ses compagnons, restés inconscients...

 

On voit que, comme de coutume, Parker n’hésite pas à prendre des options radicales, qui placent ses personnages dans des situations inattendues, et apparemment inextricables. Et si nous savons qu’ils parviendront néanmoins à s’en dépêtrer, avec un peu de chance, beaucoup de malchance, et force initiatives, reste à savoir comment. Mais seul l’avenir nous le dira, tant Jeff Parker sait jouer avec les clichés du genre, pour mieux les déjouer et presque toujours nous surprendre.

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Ce récit ludique est efficacement mis en images par Neil Edwards, qui livre un travail tout à fait honnête, même si l’on sent, ici ou là, qu’il est allé un peu vite pour tenir les délais. Délais d’autant plus pesants que la série paraît sur un rythme bi-mensuel, ce qui fait quarante planches à fournir dans le mois… Et Chris Sotomayor, aux couleurs, fournit un très bon travail, avec un usage discret, mais pertinent, des effets générés par ordinateur, et une palette de couleurs bien tranchées, qui s’harmonise parfaitement avec cet univers tout en force et en contraste.

 

A lire avec plaisir – et pour le plaisir.

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Publié dans Revues & Albums

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