Avengers#5 par Jonathan Hickman et Adam Kubert

Publié le par Jean-Michel Gouvard

avengers-5-page-1.jpgLe cinquième épisode de la nouvelle série « Avengers », sorti ce mercredi, fournit un bel exemple de ce que l’on pourrait appeler la « méthode Hickman ». Cet auteur est en effet bien connu dans le petit monde du comic book pour la ligne narrative qu’il imprime à ses récits, ligne qui leur donne à la fois de l’ampleur et de l’ambition, leur conférant ainsi une véritable dimension héroïque. Examinons les procédés par lesquels il parvient à cet effet.

 

On se souvient que, dans l’épisode précédent, nous avions suivi les Vengeurs qui, chaperonnés par Captain America, s’efforçaient d’interdire à qui que ce soit de pénétrer dans l’une des régions touchées par les bombes biologiques d’Ex Nihilo. Sans toujours y parvenir, au demeurant. Alors que l’on s’attendait à lire la suite de ce récit, Hickman opère un de ces décalages dont il a le secret, en lançant son récit sur une tout autre piste. Ce cinquième épisode relate en effet les origines du nouveau Smasher de l’équipe – ou, plutôt, de la nouvelle « smasheuse », Izzy Dare comme il conviendrait de dire en bon français (le terme « smasher » convient, en anglais, aussi bien à un homme qu’à une femme). Avant de la confronter avec une nouvelle menace, puisque la jeune femme, suivie des Vengeurs, va aider les Shi’ars à lutter contre l’invasion massive d’une flotte extra-terrestre.

 

avengers-5-page-2.jpgHickman nous offre là un chapitre très équilibré où, comme il en a l’habitude, il ne se presse nullement pour nous emmener vers le conflit final. Il prend au contraire le temps de poser le personnage d’Isabelle (alias Izzy) Dare, lui donnant un passé, une famille, un caractère où prédominent à la fois le souci des autres, le goût de l’aventure et le besoin d’évasion. D’où, d’ailleurs, son nom, qui évoque phonétiquement « easy dare », soit quelque chose comme « qui ose facilement ». Tout cela est bien écrit, et l’on devine que, chapitre après chapitre, Jonathan Hickman a entrepris de donner aux membres de cette nouvelle équipe de Vengeurs une identité et une profondeur que tous les auteurs qui ont été en charge de la série sont loin de leur avoir données. Qui plus est, ces pages diffèrent l’apparition du conflit qui, dans la seconde partie du chapitre, va permettre à Izzy de déployer sur le terrain les qualités morales qui sont les siennes. Ce qui ne fait que rendre le lecteur plus réceptif.

 

avengers-5-page.jpgOn se souvient par ailleurs que l’épisode précédent se terminait sur un cliff-hanger, puisque l’on voyait l’A.IM. découvrir, en Scandinavie, une neuvième bombe d’Ex Nihilo, à l’insu des Vengeurs. Il en va de même de cet opus, qui s’achève sur une révélation aussi surprenante que déroutante (ATTENTION : SPOILER) : la flotte extra-terrestre ne venait pas envahir l’Empire Shi’ar, mais elle fuyait une menace… qui reste à identifier. Ce procédé est aussi typiquement « hickmanien » : au lieu de suivre un fil, l’auteur en déroule plusieurs, d’un chapitre à l’autre, sans qu’il y ait apparemment entre eux de liens, et il pose une suite d’énigmes qui constitueront autant d’attentes pour le lecteur. Mais, peu à peu, l’écheveau narratif se démêlera, l’ensemble des courts récits qui auront été juxtaposés les uns après les autres finissant toujours par converger, et s’inscrire dans une fresque globale où chacun d’entre eux a son rôle à jouer. Car, une chose est bien certaine, Jonathan Hickman sachant qu’il est aux commandes des Vengeurs pour longtemps, il a une vision de son récit qui s’étend sur plusieurs mois, voire une année ou deux, et il sait parfaitement où il va. Toute la réussite de son projet consistera à trouver l’équilibre entre le jeu de pistes qu’il nous propose et la patience de son lecteur, de façon que son scénario ne se transforme pas en une pelote de laine filandreuse, mais une véritable saga, dont certains accents de cet épisode, proches du space opera, laisse pour l’instant plutôt bien augurer.

 

Sur le plan graphique, Adam Kubert est toujours à la manœuvre. Il nous livre quelques planches vraiment réussies, comme celles reproduites dans cet article, mais ce n’est malheureusement pas une constante. Les dernières pages, entre autres, ont manifestement été exécutées plus rapidement, et avec moins de bonheur, sans doute parce que l’artiste était quelque peu pressé par les délais. C’est dommage : sa Smasher est très réussie, aussi sexy qu’énergique, et il émane des planches les plus soignées une belle présence graphique. On aimerait seulement un peu plus de constance dans la mise en œuvre.

 

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