Avengers#3 par Jonathan Hickman et Jerome Opeña

Publié le par Jean-Michel Gouvard

avengers 3 coverLe troisième numéro des « Avengers » nous livre aussi le dernier chapitre du récit imaginé par Jonathan Hickman pour lancer cette toute nouvelle série. Et l’impression qu’il nous laisse est quelque peu mitigée ou, pour être plus exacte, mélangée. Ce qui déçoit avant tout, c’est que l’intrigue se dénoue aussi rapidement et, d’une certaine manière, aussi simplement, puisque tout rentre dans l’ordre en faisant appel au pouvoir de l’un des membres de l’équipe. Un tel final paraît à la fois précipité et quelque peu facile, dans la mesure où il n’est pas à la hauteur des espérances qu’avaient fait naître le premier chapitre. Celui-ci, avec son traitement éclaté de la chronologie, et l’apparition aussi énigmatique qu’emphatique d’Ex Nihilo, Abyss et Aleph, laissait présager d’une histoire ample et ambitieuse, susceptible de courir sur cinq ou six épisodes au moins.

 

Cette impression avait été confirmée par le second chapitre puisque, s’il était moins riche sur le plan narratif que le précédent, il reposait tout entier sur un classique des récits super-héroïques : la constitution de l’équipe des Vengeurs, autour d’une péripétie fédératrice, à savoir sauver Tony Stark, Thor, Hawkeye et Hulk des mains des entités surpuissantes qui les retenaient captifs sur Mars. Le lecteur ne s’attendait pas à ce que les choses reviennent aussi vite dans l’ordre, et avec une facilité qui déroute, compte tenu des pouvoirs dont Ex Nihilo, Abyss et Aleph avaient fait la démonstration. Même si la victoire qui est ici remportée par les Vengeurs doit moins à la force qu’à la ruse, comme c’est souvent le cas dans l’univers des comics face à un adversaire omnipotent.

 

avengers 3 pageEn même temps, on comprend que ce petit récit de trois chapitres est clairement, aux yeux de Jonathan Hickman, un prologue à une saga qu’il envisage dans tout son développement, et dont il a, à n’en pas douter, une vision globale, qui s’inscrit dans la durée. Cette soixantaine de pages sert donc à constituer l’équipe des Vengeurs – et, peut-être, à poser des personnages aux talents de démiurges, qui pourraient bien réapparaître dans la suite de la geste. Abyss, en particulier, semble particulièrement prometteuse, et on se dit qu’elle pourrait jouer un rôle intéressant ultérieurement. Ces perspectives viennent heureusement contrebalancer le fait que cette première intrigue s’achève si rapidement, d’où le sentiment d’une impression mitigée, dont je parlais pour commencer.

 

Côté dessin, Jerome Opeña livre une fois de plus un travail remarquable par sa qualité technique. Son style réaliste, et le rendu pictural vers lequel il tend, donnent corps et âme aussi bien à l’équipe des Vengeurs, que l’on perçoit dans toute leur humanité, qu’aux réalisations incroyables d’Ex Nihilo sur Mars, qu’il s’agisse de la végétation démente qui envahit la planète, ou de la conception de son « nouvel Adam ».

 

On attendra donc avec intérêt – et quelque impatience – la suite de cette nouvelle saga, afin de juger sur pièces, et de voir si Hickman parvient à transcender les jalons qu’il vient tout juste de poser, et à marquer ainsi la série de son empreinte.

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Publié dans Revues & Albums

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