Anakin Skywalker : le sens d’un prénom

Publié le par Jean-Michel Gouvard

Darth-Vader-by-Carlos-D-Anda.jpgAnakin et Luke Skywalker : le couple père / fils le plus célèbre de tout le cinéma porte un nom de famille relativement transparent, puisque, même sans être un crac en anglais, il est facile de comprendre le sens de « Skywalker » : littéralement, « celui qui marche dans le ciel ». De même, le prénom de « Luke » peut évoquer « luck », « la chance », et fait du jeune homme un « chanceux », « a lucky guy ».

 

« Anakin », en revanche, semble rester opaque à nombre de fans, du moins à ce que j’ai pu en juger en parcourant sites et blogs dédiés à Star Wars. Il y a pourtant, dans le choix de ce prénom, une signification bien particulière. En effet, à une lettre – et un son – près, « Anakin » évoque les « Anakims », une race de géants dont il est fait mention dans la Bible et, en particulier, dans le livre de la Genèse. Cette peuplade, décrite comme très grande et très forte, vivait dans le sud du pays de Canaan, près d’Hébron, une ville qui existe toujours aujourd’hui. Ils n’y resteront pas, puisque, dans le livre de l’Ancien Testament qui porte son nom, Joshua chasse les Anakims de la contrée. Ceux-ci ne sont cependant pas complètement exterminés, et les survivants trouvent refuge dans trois villes, Gaza, Ashod et Gath.

 

Or, c’est de Gath qu’était originaire Goliath, le célèbre géant que David affronta en combat singulier, et qu’il abattit d’une pierre lancée en plein front avec sa fronde, ainsi qu’il est relaté au chapitre 17 du « Premier livre de Samuel ». Goliath, qui est aussi appelé « Goliath de Gath », est donc un descendant direct des Anakims. La lutte entre David et Goliath, est diversement interprétée selon les religions mais, pour les chrétiens, elle est entre autres perçue comme symbolique du fait que, pour répandre la bonne nouvelle de l’existence de Dieu, il n’est pas besoin de faire preuve de violence : la puissance de l’esprit (saint), symbolisé ici par l’astuce de David, l’emportera toujours sur la force brute.

 

Star-Wars-6.jpgRevenons à « Star wars ». Tout d’abord, en dénommant « Anakin » celui qui allait devenir Darth Vader, George Lucas en fait de facto un « géant », quelqu’un prédestiné à régner sur une partie de l’univers, même si c’est en partie dans l’ombre de l’Empereur. Un Empereur qui pourrait bien, dans cette optique, être inspiré en partie par le malin Satan.

 

Mais il en fait aussi un Goliath, condamné à rencontrer son David, lequel s’incarne dans son propre fils, Luke Skywalker. Ou, plus largement, dans le petit groupe de rebelles qui tente, au début de l’épisode 4, de s’opposer à l’Empire.

 

Anakin Skywalker, alias Darth Vader, est ainsi destiné, par son prénom même, à devenir un géant… et à tomber sous les coups d’un bien plus petit que lui.

 

Les observations qui précèdent ne signifient nullement que George Lucas fait preuve de prosélytisme à travers « Star Wars », que ce soit dans une optique chrétienne ou judaïque. Elles montrent seulement comment, une fois de plus, des œuvres qui relèvent de la culture populaire, au sens le plus digne du terme, intègrent des éléments qui relèvent quant à eux de la culture académique et, ici, en l’occurrence, du fonds judéo-chrétien propre à nos sociétés occidentales. On peut bien entendu regarder « Star Wars » sans le percevoir, mais dans ce cas on manque quelques-unes de ficelles à partir desquelles les créateurs de la saga ont travaillé pour développer cet univers.

 

Sur l’influence du fonds judéo-chrétien dans la symbolique du monde « Star Wars », il y aurait d’ailleurs bien d’autres éléments à souligner. Ce sera pour une prochaine fois…

 

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Publié dans Analyses

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